Cabinet Flourens
Protection des données

DPO (délégué à la protection des données)

Le DPO, ou délégué à la protection des données, conseille l’entreprise et contrôle son respect du RGPD. Sa désignation est obligatoire pour les organismes publics et pour ceux dont l’activité de base implique un suivi à grande échelle des personnes ou de données sensibles.

Sommaire
  1. DPO (délégué à la protection des données) : les enjeux pour la PME
  2. Exemple

DPO (délégué à la protection des données) : les enjeux pour la PME

L’article 37 du RGPD rend la désignation obligatoire dans trois cas : une autorité ou un organisme public ; des activités de base impliquant un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle ; des activités de base portant sur un traitement à grande échelle de données sensibles ou de données pénales. Le critère est l’activité de base, pas l’effectif. Le guide du sous-traitant de la CNIL cite un prestataire d’analyse web qui travaille pour de nombreux clients : lui doit désigner un DPO, la petite enseigne qui fait appel à lui n’y est pas tenue. Même raisonnement pour un service externe de médecine du travail qui suit de nombreuses entreprises du Tarn.

Hors de ces cas, la CNIL recommande la désignation, que le Comité européen de la protection des données encourage. Le DPO peut être interne ou externe et, sous conditions, mutualisé entre plusieurs organismes. Il est désigné en ligne auprès de la CNIL, et ses coordonnées doivent être publiées. Aucun diplôme n’est exigé : l’article 37 retient ses qualités professionnelles et ses connaissances du droit et des pratiques de protection des données.

L’article 39 fixe ses missions : informer et conseiller l’entreprise et ses salariés, contrôler le respect du règlement, conseiller sur l’analyse d’impact et coopérer avec la CNIL. L’article 38 garantit son indépendance : il ne reçoit aucune instruction sur ses missions, ne peut être sanctionné pour les avoir exercées, rend compte au plus haut niveau de la direction et ne doit pas se trouver en conflit d’intérêts avec ses autres fonctions. Selon la CNIL, il n’est pas personnellement responsable d’une non-conformité : l’entreprise, en tant que responsable de traitement, le reste.

Avant de décider, posez trois questions. Notre activité de base suppose-t-elle un suivi des personnes ou des données sensibles à grande échelle ? Qui sera associé, en temps utile, à chaque nouvel outil d’IA manipulant des données ? Cette personne a-t-elle le temps et l’indépendance nécessaires ? Cette fiche est une information générale, à compléter par l’avis d’un conseil.

Exemple

Un négociant en matériaux de 60 salariés compte 4 000 clients professionnels. Son activité de base est la vente : pas de suivi des personnes à grande échelle, pas de données sensibles. Il n’est donc pas tenu de désigner un DPO, mais confie le sujet à sa directrice administrative, une demi-journée par semaine. En six mois, elle établit un registre de 9 traitements, traite 2 demandes d’accès en 12 et 20 jours et rend un avis écrit avant le déploiement d’un assistant d’IA pour le service client.

Quatre cartes. Cas 1 : autorité ou organisme public. Cas 2 : activité de base impliquant un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle. Cas 3 : activité de base portant sur des données sensibles ou pénales à grande échelle. Autres cas : la désignation n’est pas obligatoire, mais la CNIL la recommande.
Hors de ces trois cas, la désignation reste recommandée. Source : RGPD, article 37.

Questions fréquentes

Une PME est-elle obligée d’avoir un DPO ?

Pas en raison de sa taille. L’obligation dépend de l’activité de base : organisme public, suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle, ou traitement à grande échelle de données sensibles ou pénales. Hors de ces cas, la CNIL recommande tout de même d’en désigner un.

Le DPO peut-il être un prestataire externe ?

Oui. Le DPO peut être interne ou externe et, sous conditions, mutualisé entre plusieurs organismes.

Le dirigeant peut-il être son propre DPO ?

Le RGPD exige que le DPO ne reçoive aucune instruction sur ses missions et que ses autres fonctions n’entraînent pas de conflit d’intérêts. Un dirigeant qui décide des traitements se trouve difficilement dans cette position : faites valider ce choix par un conseil.

Le DPO est-il responsable en cas de manquement ?

Non. Selon la CNIL, le délégué n’est pas personnellement responsable de la non-conformité de son organisme, qui reste responsable de ses traitements.

Comment déclarer son DPO à la CNIL ?

La désignation se fait en ligne, par un formulaire sur le site de la CNIL. Les coordonnées du DPO doivent aussi être publiées, par exemple dans la politique de confidentialité.

Poser la question dans

Sources
  1. RGPD, chapitre IV : responsable du traitement et sous-traitant (articles 24 à 43), CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  2. Devenir délégué à la protection des données, CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  3. Le guide du délégué à la protection des données, CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  4. Guide du sous-traitant, édition septembre 2017, CNIL — consulté le 16 octobre 2026

Auteur

Clément Marchal, fondateur du Cabinet Flourens
Fondateur du Cabinet FlourensClément Marchal

Clément Marchal a fondé le Cabinet Flourens. Depuis 2017, dont cinq ans à faire tourner des équipes, notamment dans un environnement régulé par l'AMF, il voit la même chose : l'IA entre dans l'entreprise par les salariés, pas par la direction. Personne ne sait qui l'utilise, sur quelles données, ni ce qu'elle rapporte. Avec Ardoise, le Cabinet Flourens met cet usage en ordre en six semaines : la carte des usages, des règles acceptées, deux automatisations ou agents IA sur vos outils et le dossier qui prouve ce que l'entreprise a fait.

L'histoire du cabinet

Mode d'Emploi, la lettre

Une méthode par semaine pour reprendre la main sur votre organisation. Désinscription en un clic.

En vous inscrivant, vous recevez Mode d'Emploi chaque mercredi. Nous comptons les clics sur ses liens, pas les ouvertures. Nous pourrons aussi vous écrire personnellement au sujet de nos accompagnements ; vous pouvez vous y opposer en un clic. Désinscription en un clic. Votre adresse n'est jamais cédée.

Le Cabinet Flourens (Clément Marchal, entrepreneur individuel) utilise ces informations pour vous envoyer la lettre que vous demandez, sur la base de votre consentement, confirmé par e-mail. Conservation : jusqu'à votre désinscription, puis 3 ans pour la preuve de votre accord. Nous comptons les clics sur ses liens, pas les ouvertures. Vous pouvez y accéder, les faire corriger ou effacer, et vous opposer à leur usage en écrivant à dpo@cabinetflourens.com. En savoir plus.

Contenu lié

  • Protection des données

    AIPD (analyse d’impact relative à la protection des données)

    L’AIPD, ou analyse d’impact relative à la protection des données, est une étude menée avant tout traitement susceptible d’engendrer un risque élevé pour les personnes. Elle décrit le traitement, vérifie sa nécessité et sa proportionnalité, évalue les risques et fixe les mesures pour les réduire.

    · 2 min de lecture

  • Protection des données

    Anonymisation

    L’anonymisation est un traitement qui rend impossible en pratique, et de façon irréversible, l’identification d’une personne à partir d’un jeu de données. Selon la CNIL, des données réellement anonymisées ne relèvent plus de la législation sur la protection des données personnelles.

    · 2 min de lecture

  • Protection des données

    Base légale

    La base légale est le fondement juridique qui autorise un traitement de données personnelles. Le RGPD en prévoit six : consentement, contrat, obligation légale, sauvegarde des intérêts vitaux, mission d’intérêt public et intérêt légitime. Elle se choisit avant de lancer le traitement, une seule par finalité.

    · 2 min de lecture