Cabinet Flourens
Protection des données

Violation de données personnelles

Une violation de données personnelles est une faille de sécurité qui entraîne, de façon accidentelle ou illicite, la destruction, la perte, l’altération ou la divulgation non autorisée de données personnelles, ou un accès non autorisé à ces données. Elle peut toucher leur confidentialité, leur intégrité ou leur disponibilité.

Sommaire
  1. Violation de données personnelles : les enjeux pour la PME
  2. Exemple

Violation de données personnelles : les enjeux pour la PME

La définition est large. La CNIL cite la perte d’une clé USB non sécurisée contenant la base clients, la suppression accidentelle de données non sauvegardées ailleurs ou la modification malveillante d’informations. Une violation peut être intentionnelle ou non. Un courriel envoyé au mauvais destinataire, un compte de messagerie piraté ou un fichier partagé trop largement relèvent donc du sujet, y compris lorsque l’outil en cause est un service d’IA.

Trois obligations s’enchaînent. Toute violation est consignée dans un registre interne, même sans risque pour les personnes : nature, personnes concernées, conséquences, mesures prises. Si elle présente un risque pour les droits et libertés des personnes, l’article 33 du RGPD impose de la notifier à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance ; la notification peut être complétée ensuite, et un retard doit être motivé. Si le risque est élevé, l’article 34 impose d’informer aussi les personnes concernées, sauf exceptions, comme des données rendues incompréhensibles par un chiffrement dont la clé n’est pas compromise.

Le sous-traitant qui découvre une violation alerte son client dans les meilleurs délais. Il peut notifier la CNIL pour son compte si leur contrat le prévoit, mais la décision de notifier et la tenue du registre restent à l’entreprise cliente. En 2025, selon le bilan de la CNIL, 14 organismes ont été sanctionnés pour des manquements à la sécurité des données, notamment des mots de passe trop faibles ou des comptes partagés.

Notre réflexe tient en trois temps : contenir l’incident (couper l’accès, réinitialiser les mots de passe), qualifier le risque pour les personnes, puis documenter et, si nécessaire, notifier par le téléservice de la CNIL. Nos engagements de sécurité sont décrits sur notre page sécurité. Cette fiche est une information générale, à compléter par l’avis d’un conseil.

Exemple

Dans un cabinet d’expertise comptable de 25 personnes, une collaboratrice saisit ses identifiants sur une fausse page de connexion. Sa messagerie, qui contient les coordonnées de 3 200 contacts clients, est consultée par un tiers. L’anomalie est repérée un lundi à 9 h et confirmée le mardi à 11 h. Le cabinet réinitialise les accès, active la double authentification sur ses 25 comptes, notifie la CNIL le mercredi à 16 h, soit 29 heures après la confirmation, et complète la notification six jours plus tard. L’incident est inscrit au registre.

Frise en quatre jalons. Lundi 9 h : anomalie repérée, une messagerie est consultée par un tiers. Mardi 11 h : violation confirmée, 3 200 contacts clients concernés. Mercredi 16 h : la CNIL est notifiée, 29 heures après la confirmation. Six jours plus tard : la notification est complétée et l’incident inscrit au registre interne.
Une notification initiale, complétée ensuite. Exemple.

Questions fréquentes

Faut-il toujours notifier une violation de données à la CNIL ?

Non. La notification est obligatoire lorsque la violation présente un risque pour les droits et libertés des personnes. En revanche, toute violation doit être documentée dans le registre interne, que la CNIL peut contrôler.

Combien de temps a-t-on pour notifier la CNIL ?

Le RGPD prévoit une notification dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures après en avoir pris connaissance. Une notification initiale peut être complétée ensuite ; passé ce délai, il faut indiquer les motifs du retard.

Faut-il prévenir les clients concernés ?

Oui si la violation présente un risque élevé pour eux, dans les meilleurs délais et en termes clairs. Ce n’est pas nécessaire si les données étaient chiffrées avec une clé non compromise ou si le risque a été écarté par des mesures ultérieures. Si l’information individuelle exige des efforts disproportionnés, une communication publique la remplace.

Notre prestataire a subi une fuite : qui prévient la CNIL ?

Le prestataire doit vous alerter dans les meilleurs délais. Il peut notifier pour votre compte si le contrat le prévoit, mais c’est à votre entreprise de décider de la notification et de tenir le registre.

Poser la question dans

Sources
  1. RGPD, chapitre IV : responsable du traitement et sous-traitant (articles 24 à 43), CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  2. Violations de données personnelles : les règles à suivre, CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  3. Guide du sous-traitant, édition septembre 2017, CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  4. Sanctions et mesures correctrices : la CNIL présente le bilan 2025, CNIL — consulté le 16 octobre 2026
  5. Droit d’accès, guichet unique, violation de données : le CEPD publie de nouvelles lignes directrices, CNIL — consulté le 16 octobre 2026

Auteur

Clément Marchal, fondateur du Cabinet Flourens
Fondateur du Cabinet FlourensClément Marchal

Clément Marchal a fondé le Cabinet Flourens. Depuis 2017, dont cinq ans à faire tourner des équipes, notamment dans un environnement régulé par l'AMF, il voit la même chose : l'IA entre dans l'entreprise par les salariés, pas par la direction. Personne ne sait qui l'utilise, sur quelles données, ni ce qu'elle rapporte. Avec Ardoise, le Cabinet Flourens met cet usage en ordre en six semaines : la carte des usages, des règles acceptées, deux automatisations ou agents IA sur vos outils et le dossier qui prouve ce que l'entreprise a fait.

L'histoire du cabinet

Mode d'Emploi, la lettre

Une méthode par semaine pour reprendre la main sur votre organisation. Désinscription en un clic.

En vous inscrivant, vous recevez Mode d'Emploi chaque mercredi. Nous comptons les clics sur ses liens, pas les ouvertures. Nous pourrons aussi vous écrire personnellement au sujet de nos accompagnements ; vous pouvez vous y opposer en un clic. Désinscription en un clic. Votre adresse n'est jamais cédée.

Le Cabinet Flourens (Clément Marchal, entrepreneur individuel) utilise ces informations pour vous envoyer la lettre que vous demandez, sur la base de votre consentement, confirmé par e-mail. Conservation : jusqu'à votre désinscription, puis 3 ans pour la preuve de votre accord. Nous comptons les clics sur ses liens, pas les ouvertures. Vous pouvez y accéder, les faire corriger ou effacer, et vous opposer à leur usage en écrivant à dpo@cabinetflourens.com. En savoir plus.

Contenu lié

  • Protection des données

    AIPD (analyse d’impact relative à la protection des données)

    L’AIPD, ou analyse d’impact relative à la protection des données, est une étude menée avant tout traitement susceptible d’engendrer un risque élevé pour les personnes. Elle décrit le traitement, vérifie sa nécessité et sa proportionnalité, évalue les risques et fixe les mesures pour les réduire.

    · 2 min de lecture

  • Protection des données

    Anonymisation

    L’anonymisation est un traitement qui rend impossible en pratique, et de façon irréversible, l’identification d’une personne à partir d’un jeu de données. Selon la CNIL, des données réellement anonymisées ne relèvent plus de la législation sur la protection des données personnelles.

    · 2 min de lecture

  • Protection des données

    Base légale

    La base légale est le fondement juridique qui autorise un traitement de données personnelles. Le RGPD en prévoit six : consentement, contrat, obligation légale, sauvegarde des intérêts vitaux, mission d’intérêt public et intérêt légitime. Elle se choisit avant de lancer le traitement, une seule par finalité.

    · 2 min de lecture