En bref
Le vibe coding consiste à créer un logiciel en décrivant le besoin à une IA, sans relire le code qu'elle produit. Le terme date de février 2025 et vient d'Andrej Karpathy. Ce n'est pas du développement assisté par IA, où un humain relit tout. En PME, il se réserve aux prototypes jetables, loin des données clients.
Sommaire
L'essentiel
Vibe coding : demander à une IA d'écrire le code et l'accepter sans le relire. La différence avec le développement assisté tient à la relecture.
Les dictionnaires l'ont consacré : Merriam-Webster l'a listé en mars 2025, Collins en a fait son mot de l'année 2025.
Les risques en entreprise sont la qualité, la sécurité et la maintenance : une étude Veracode relève des failles de sécurité dans 45 % de ses tests de code généré.
Cas plausibles en PME : prototype, outil interne sans données sensibles, maquette à montrer à un client. Pas d'outil exposé ni de données clients sans relecteur.
Nous utilisons Claude Code et Cursor chaque jour.
Le vibe coding, c'est quoi en une phrase ?
C'est écrire des logiciels en décrivant ce que l'on veut à une IA et en acceptant le résultat sans comprendre ni relire le code. Merriam-Webster le définit comme l'écriture de code ou la création de pages web et d'applications avec une IA, sans avoir besoin de comprendre le code, en s'attendant à quelques bogues (Merriam-Webster, 23/10/2026, traduction libre).
Origine. Le terme est attribué à Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI, dans un message du 2 février 2025 : un nouveau type de programmation où l'on « s'abandonne aux sensations, embrasse les exponentielles, et oublie que le code existe » (citation relayée par Merriam-Webster, traduction libre). Nous n'avons pas pu consulter le message d'origine (X refuse l'accès automatisé).
Usage actuel. Collins Dictionary en a fait son mot de l'année 2025 (annonce du 6 novembre 2025), avec cette définition : « l'usage de l'intelligence artificielle sollicitée en langage naturel pour aider à écrire du code informatique » (relais de l'information CNN, 23/10/2026). Le site de Collins n'était pas accessible lors de notre consultation.
Vibe coding ou développement assisté par IA ? Le programmeur Simon Willison trace la ligne le 19 mars 2025 : le vibe coding, c'est construire un logiciel avec un modèle de langage sans relire le code écrit. Si vous relisez, testez et pouvez expliquer le code, « c'est du développement logiciel », quel que soit le rôle de l'IA (Simon Willison, 23/10/2026, traduction libre). C'est la définition que nous retenons. Les outils présentés dans notre page d'ensemble sur le développement assisté par IA servent aux deux pratiques ; ce qui change est l'usage que l'on en fait.
Comment ça fonctionne, sans jargon ?
Imaginez un architecte qui dessinerait un plan à votre demande et que vous feriez construire sans le montrer à personne. Vous décrivez la maison, l'IA produit les plans et le chantier, vous jugez le résultat à l'œil. Cela peut suffire pour un abri de jardin. Pour un immeuble, quelqu'un doit vérifier les calculs.
En pratique, la boucle est la suivante : vous décrivez, l'IA génère, vous exécutez, vous constatez une erreur, vous la signalez à l'IA, elle corrige.
Entre « on l'exécute » et « on signale l'erreur », une étape manque dans le vibe coding : la relecture du code. Elle est présente dans le développement assisté.
À quoi sert le vibe coding concrètement en PME ?
À produire vite quelque chose de visible, pas à livrer quelque chose de fiable. Trois exemples plausibles (ce sont des exemples, pas des cas mesurés) :
Prototype pour cadrer un besoin. Un responsable des opérations génère une maquette d'outil de suivi pour la montrer à un prestataire. Elle sert de cahier des charges visuel, pas de produit.
Petit outil interne sans donnée sensible. Un calculateur de devis, un convertisseur de fichiers, un tableau de planning, utilisés par une seule équipe et sans donnée de clients.
Automatisation personnelle. Un script qui renomme des fichiers ou prépare un rapport à partir d'un tableur, vérifié sur des données de test.
Anthropic décrit, dans un article du 24/07/2025 relevant de sa communication, des équipes non techniques (marketing, juridique) qui ont construit de petits outils avec Claude Code : une automatisation d'analyse de publicités et une maquette d'orientation vers les bons avocats (Anthropic, 23/10/2026). Ces récits sont déclaratifs, sans méthode publiée.
Quels outils l'utilisent ?
Deux familles d'outils servent le vibe coding. Les créateurs d'applications par conversation visent les non-développeurs : Lovable, Replit et Bolt. Les assistants de code visent les développeurs, mais permettent aussi d'accepter sans relire : Claude Code et Cursor. Comparaison : Cursor vs Claude Code. Prix et conditions dans la page d'ensemble.
Quels sont les risques : qualité, sécurité, maintenance, confidentialité ?
Ils sont réels, et ils portent sur l'entreprise qui exploite le logiciel, pas sur l'outil.
Sécurité. Veracode a analysé le code produit par plus de 100 modèles de langage en Java, JavaScript, Python et C# : du code généré introduit des failles de sécurité à risque dans 45 % des tests, et les modèles plus grands et plus récents n'ont pas amélioré ce résultat (Veracode, rapport 2025 sur la sécurité du code généré, 23/10/2026). La page ne détaille pas la méthode ; lisez le rapport complet avant de citer ce chiffre en interne.
Qualité. L'enquête 2025 de Stack Overflow indique que 66 % des répondants citent des solutions d'IA « presque justes, mais pas tout à fait », et 45,2 % que déboguer du code généré prend plus de temps. Seuls 3,1 % font très confiance à l'exactitude des sorties, contre 19,6 % qui s'en méfient fortement. Côté pratique, 72,2 % ont répondu non à la question sur le vibe coding, plus 5,3 % « non, absolument pas » (Stack Overflow, 23/10/2026). Ce sont des déclarations de développeurs, non des mesures.
Gain de temps. L'étude randomisée de METR (juillet 2025, 16 développeurs expérimentés, 246 tâches) a mesuré 19 % de temps en plus avec l'IA, alors que les participants croyaient gagner du temps. METR précise que les résultats portent sur un contexte précis et sont à relativiser (METR, 23/10/2026). Sa mise à jour de février 2026 juge peu fiable le signal de sa seconde étude et ne tranche pas. Nous ne promettons donc aucun gain chiffré.
Maintenance. Un code que personne ne comprend est difficile à corriger, à faire évoluer ou à transmettre. GitClear, un éditeur d'analyse de code, a étudié 211 millions de lignes modifiées entre janvier 2020 et décembre 2024 : la part des lignes déplacées (signe de refactorisation) est passée de 25 % en 2021 à moins de 10 % en 2024, et celle des lignes copiées-collées de 8,3 % à 12,3 % (GitClear, rapport 2025, 23/10/2026). Cette étude observe des tendances sur l'ensemble du code, pas spécifiquement le vibe coding, et ne prouve pas un lien de cause à effet.
Confidentialité. Ce que vous collez dans l'outil quitte votre poste. L'ANSSI et son homologue allemand BSI (publication du 4 octobre 2024) signalent des risques propres aux services partagés accessibles par internet pour les assistants de programmation (ANSSI, 23/10/2026). Sur le traitement des données, consultez les fiches de chaque outil, puis validez avec votre délégué à la protection des données ou un conseil.
Comment démarrer en PME ?
Choisir un cas sans enjeu. Un prototype ou un outil personnel, sans donnée de clients, de salariés ni de santé.
Utiliser un compte d'équipe. Évitez les comptes personnels sur lesquels l'entraînement sur vos données peut être activé : regardez les réglages de chaque outil.
Écrire le besoin en phrases claires. Qui l'utilise, avec quelles entrées et quelles sorties.
Tester sur des données fictives. Jamais sur des données réelles tant que personne n'a relu.
Désigner un relecteur avant toute mise en ligne. Un salarié compétent ou un prestataire, avec une liste de contrôle : accès, mots de passe, données exposées.
Garder le code dans un dépôt. Chaque version est sauvegardée et on peut revenir en arrière.
Fixer un plafond de dépenses. Un budget mensuel par outil, suivi.
Conclusion
Le vibe coding est utile pour prototyper et risqué pour exploiter. La ligne de partage est la relecture, pas l'outil. Le Cabinet Flourens aide les PME à fixer ces règles (comptes, données autorisées, relecteur, plafonds) avant que les initiatives individuelles ne s'installent sans cadre.
Pour poser vos règles avec nous : réservez votre créneau
Questions fréquentes
Qui a inventé le terme vibe coding ?
Andrej Karpathy, dans un message du 2 février 2025 sur X, selon Merriam-Webster. Nous n'avons pas pu consulter le message lui-même.
Le vibe coding est-il la même chose que programmer avec l'IA ?
Non. Selon Simon Willison, programmer avec l'aide d'un modèle en relisant et en comprenant le code est du développement logiciel. Le vibe coding désigne l'absence de relecture.
Le vibe coding est-il dangereux ?
Il l'est quand le logiciel touche à des données réelles ou est exposé sur internet sans relecture. Un rapport Veracode relève des failles dans 45 % de ses tests de code généré.
Peut-on l'utiliser pour un outil client ?
Pas sans relecteur compétent ni contrat de sous-traitance avec l'éditeur de l'outil, à faire valider avec votre délégué à la protection des données ou un conseil.
Quel outil choisir ?
Voir notre [page d'ensemble](/blog/outils-developpement-assiste-par-ia), qui compare six outils selon le profil et le prix.
Sources
- Merriam-Webster, vibe coding
- KRDO / CNN, mot de l'année Collins 2025 (06/11/2025)
- Simon Willison, "Not all AI-assisted programming is vibe coding" (19/03/2025)
- Veracode, 2025 GenAI Code Security Report
- METR, étude de juillet 2025 et mise à jour de février 2026
- Stack Overflow, enquête développeurs 2025, IA
- ANSSI et BSI, assistants de codage IA (04/10/2024)
- Anthropic, comment ses équipes utilisent Claude Code (24/07/2025)
- Wikipédia (anglais), Vibe coding, utilisé pour repérer les sources, non comme preuve
- Non accessibles : message d'origine de Karpathy sur X (accès refusé aux robots); site de Collins (erreur d'accès)
- GitClear, AI Assistant Code Quality 2025 Research
Commentaires
Auteur

Clément Marchal a fondé le Cabinet Flourens. Depuis 2017, dont cinq ans à faire tourner des équipes, notamment dans un environnement régulé par l'AMF, il voit la même chose : l'IA entre dans l'entreprise par les salariés, pas par la direction. Personne ne sait qui l'utilise, sur quelles données, ni ce qu'elle rapporte. Avec son accompagnement en trois étapes (audit, déploiement, suivi), le Cabinet Flourens met cet usage en ordre : la carte des usages, des règles acceptées, deux automatisations sur vos outils, des équipes formées et le dossier qui prouve ce que l'entreprise a fait.
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