En bref
MCP, pour Model Context Protocol, est un standard ouvert qui permet à une application d'IA de se connecter à des données, des outils et des procédures de travail externes. Il joue le rôle d'une prise commune entre un assistant et vos logiciels. Il simplifie les connexions, mais il élargit aussi ce que l'IA peut faire.
Sommaire
L'essentiel
MCP est un protocole ouvert : une façon standard de relier une IA à des fichiers, des bases de données et des services.
Un serveur MCP expose des outils, des ressources et des modèles de consignes ; l'application d'IA s'y connecte.
En PME, il sert à donner à un assistant l'accès à vos outils sans développement sur mesure pour chaque connexion.
La spécification elle-même parle de « chemins d'accès arbitraire aux données et d'exécution de code » et exige le consentement de l'utilisateur.
Les risques documentés par le projet : serveurs locaux malveillants, jetons mal gérés, droits trop larges.
MCP, c'est quoi en une phrase ?
MCP est un standard open source pour connecter des applications d'IA à des systèmes externes. La documentation officielle l'illustre ainsi : comme un port USB-C pour les appareils électroniques, MCP offre une manière standardisée de brancher une application d'IA à des sources de données (fichiers locaux, bases), des outils (moteurs de recherche, calculatrices) et des flux de travail (consignes spécialisées).
Le projet a été donné à l'Agentic AI Foundation, un fonds dirigé hébergé par la Linux Foundation, annonce d'Anthropic du 9 décembre 2025. Anthropic y indique que le modèle de gouvernance du protocole reste inchangé.
Comment ça fonctionne, sans jargon ?
Analogie : sans standard, chaque appareil exige son chargeur. Avec MCP, un seul câble sert à brancher l'assistant à plusieurs services.
Trois rôles, d'après la spécification :
L'hôte : l'application d'IA qui initie les connexions (un assistant, un éditeur de code).
Le client : un connecteur à l'intérieur de l'hôte, un par serveur.
Le serveur : le service qui fournit le contexte et les capacités.
Un serveur peut offrir trois types de ressources : des ressources (données et contexte), des consignes (modèles de messages et de procédures) et des outils (fonctions que l'IA peut exécuter). Il peut tourner sur votre poste (serveur local, transport « stdio ») ou à distance (transport HTTP). Les échanges utilisent le format JSON-RPC 2.0.
La version de la spécification consultée le 23/10/2026 porte la date du 28 juillet 2026 (2026-07-28) ; elle peut évoluer. Les serveurs annoncent les versions et capacités qu'ils gèrent.
Concrètement : un assistant d'IA (l'hôte) est relié par des connecteurs (les clients) à plusieurs serveurs, par exemple un serveur de fichiers local, un serveur de base de données et un service distant. Chaque serveur expose ses outils, ses ressources et ses consignes.
À quoi ça sert concrètement en PME ?
La documentation officielle cite comme possibilités : des agents qui accèdent à un agenda ou à Notion, des assistants d'entreprise qui interrogent plusieurs bases de données par conversation, la génération d'une application à partir d'une maquette. Pour une PME, voici des exemples plausibles, présentés comme tels :
Interroger vos documents : l'assistant lit un dossier partagé via un serveur de fichiers, sans copier-coller.
Consulter un CRM ou un tableau de suivi en lecture seule, pour préparer un rendez-vous.
Préparer des actions (brouillon d'email, création d'une tâche) soumises à validation, voir notre guide Agent IA.
Quels outils l'utilisent ?
La documentation du protocole cite parmi les clients compatibles Claude, ChatGPT, Visual Studio Code et Cursor. L'annonce d'Anthropic du 9 décembre 2025 ajoute Gemini et Microsoft Copilot, et chiffre l'écosystème à plus de 10 000 serveurs publics actifs (chiffre d'Anthropic, partie prenante du protocole). Voir les fiches Claude, ChatGPT, Cursor. La grille de prix de Dust mentionne aussi des serveurs MCP distants.
Quels sont les risques (confidentialité, coût, dépendance) ?
La spécification le dit sans détour : MCP « permet des capacités puissantes via un accès arbitraire aux données et des chemins d'exécution de code », avec des considérations de sécurité que tous les concepteurs doivent traiter. Elle pose trois principes : consentement et contrôle de l'utilisateur, confidentialité des données, sécurité des outils (les outils représentent de l'exécution de code arbitraire, et leurs descriptions doivent être considérées comme non fiables sauf serveur de confiance). Elle précise aussi que le protocole ne peut pas imposer ces principes lui-même.
Les attaques décrites dans la page « bonnes pratiques de sécurité » du projet :
Confused deputy : un serveur intermédiaire est exploité pour obtenir un accès sans le consentement de l'utilisateur.
Transmission de jetons : un serveur qui accepte des jetons non émis pour lui ; interdit par la spécification.
Détournement de requêtes côté serveur (SSRF) : un serveur malveillant pousse le client vers des adresses internes.
Serveur local compromis : commande de démarrage malveillante, exécution de code, vol de données.
Droits trop larges : un jeton à portée étendue multiplie les dégâts en cas de fuite.
L'OWASP, organisation de référence en sécurité applicative, tient un classement MCP Top 10 (projet en phase bêta selon sa page) : gestion des jetons, empoisonnement d'outils, injection de commandes, serveurs MCP non déclarés (« shadow MCP »), partage excessif de contexte. Sur l'empoisonnement d'outils, l'OWASP recommande une liste blanche de serveurs approuvés et une confirmation explicite pour les opérations sensibles.
Côté confidentialité : ce que vous exposez à un serveur MCP part vers lui. Les règles de conservation dépendent de ce serveur et de l'application d'IA. À valider avec votre délégué à la protection des données ou un conseil. Coût : MCP est gratuit, mais l'usage des modèles et des services reliés est facturé à part. Dépendance : un serveur que vous n'hébergez pas peut changer ou disparaître.
Comment démarrer ?
Choisissez un usage en lecture seule (consulter, pas modifier).
N'installez que des serveurs d'éditeurs identifiés ; préférez les serveurs distants officiels aux paquets inconnus.
Pour un serveur local, lisez la commande exacte qui sera exécutée avant d'accepter (la documentation du protocole demande aux clients de l'afficher en entier).
Donnez les droits minimaux : accès à un dossier, pas à tout le disque.
Exigez une validation humaine pour toute action d'écriture.
Tenez une liste des serveurs autorisés et un responsable.
Conclusion
MCP simplifie la connexion d'une IA à vos outils, et déplace la question vers les droits que vous donnez. Le Cabinet Flourens vous aide à décider quels outils brancher, en lecture seule d'abord, lors d'une revue de 30 minutes. Réservez votre créneau.
Questions fréquentes
MCP est-il un produit ?
Non, c'est un protocole ouvert, avec une spécification publique et des kits de développement.
MCP est-il sûr ?
Le protocole ne garantit pas la sécurité à lui seul ; elle dépend des serveurs, des clients et de vos réglages.
Faut-il savoir coder ?
Brancher un serveur existant se fait souvent par réglage. Construire un serveur demande un développeur.
MCP remplace-t-il une API ?
Non. MCP standardise la manière dont une IA découvre et appelle des outils, souvent au-dessus d'API existantes.
Un assistant peut-il écrire dans mes outils via MCP ?
Oui si le serveur expose des outils d'écriture. Limitez-les et validez.
Sources
- Model Context Protocol, spécification,, consulté le 23/10/2026
- Model Context Protocol, introduction,, consulté le 23/10/2026
- Model Context Protocol, architecture,, consulté le 23/10/2026
- Model Context Protocol, bonnes pratiques de sécurité,, consulté le 23/10/2026
- Anthropic, don de MCP à l'Agentic AI Foundation,, 09/12/2025, consulté le 23/10/2026
- OWASP, MCP Top 10,, consulté le 23/10/2026
- OWASP, MCP Tool Poisoning,, consulté le 23/10/2026
- Dust, tarifs,, consulté le 23/10/2026
Commentaires
Auteur

Clément Marchal a fondé le Cabinet Flourens. Depuis 2017, dont cinq ans à faire tourner des équipes, notamment dans un environnement régulé par l'AMF, il voit la même chose : l'IA entre dans l'entreprise par les salariés, pas par la direction. Personne ne sait qui l'utilise, sur quelles données, ni ce qu'elle rapporte. Avec son accompagnement en trois étapes (audit, déploiement, suivi), le Cabinet Flourens met cet usage en ordre : la carte des usages, des règles acceptées, deux automatisations sur vos outils, des équipes formées et le dossier qui prouve ce que l'entreprise a fait.
L'histoire du cabinetDéjà vu, la lettre
Chaque jeudi, une histoire ancienne qui se répète aujourd'hui : le fait, le mécanisme, la leçon.