Système d’IA à haut risque : les enjeux pour la PME
L’annexe III de l’AI Act couvre huit domaines : biométrie, infrastructures critiques, éducation, emploi et gestion des travailleurs, accès aux services essentiels, répression, migrations et justice. Pour une PME, le cas le plus courant est l’emploi : les outils de recrutement qui ciblent des offres, analysent et filtrent les candidatures ou évaluent les candidats, et ceux qui servent à décider d’une promotion, d’un licenciement, de la répartition des tâches ou du suivi des performances. L’évaluation de la solvabilité de particuliers est aussi visée.
Tout usage dans ces domaines n’est pas forcément à haut risque. L’article 6 prévoit une exception lorsque le système ne présente pas de risque important : tâche procédurale étroite, amélioration d’un travail humain déjà réalisé, détection d’écarts sans remplacer l’évaluation humaine, ou simple tâche préparatoire. En revanche, un système qui établit le profil de personnes physiques reste toujours à haut risque. Le fournisseur qui invoque l’exception doit documenter son analyse.
L’entreprise utilisatrice, le déployeur, a ses propres obligations selon l’article 26 : utiliser le système conformément à sa notice, confier le contrôle humain à des personnes compétentes, formées et disposant de l’autorité nécessaire, veiller à la pertinence des données d’entrée qu’elle maîtrise, surveiller le fonctionnement, conserver les journaux au moins six mois et, en tant qu’employeur, informer les représentants du personnel et les salariés concernés avant la mise en service. Les personnes visées par une décision doivent aussi être informées. L’articulation avec le CSE et la prévention des biais algorithmiques sont donc à anticiper.
Le règlement omnibus (UE) 2026/1744, entré en vigueur le 27 juillet 2026, a reporté ces règles au 2 décembre 2027 pour les systèmes de l’annexe III et au 2 août 2028 pour ceux intégrés à des produits réglementés. Le délai sert à préparer : recenser les outils RH et financiers qui intègrent de l’intelligence artificielle, demander à chaque éditeur sa classification, puis désigner la personne chargée du contrôle humain. Cette fiche est une information générale, à compléter par l’avis d’un conseil.
Notre vérificateur AI Act aide à repérer si l’un de vos usages relève de l’annexe III.
Exemple
Une entreprise de services de 90 salariés reçoit environ 600 candidatures par an et utilise un logiciel qui les classe automatiquement. Elle le traite comme un système à haut risque. Elle désigne une responsable RH chargée de relire chaque classement, obtient de l’éditeur sa notice d’utilisation, règle la conservation des journaux sur 12 mois, informe le CSE et ajoute une mention dans ses offres d’emploi. Sur un trimestre test, la responsable modifie 14 des 150 classements proposés, soit environ 9 %.
Questions fréquentes
Un logiciel de tri de CV est-il un système d’IA à haut risque ?
En principe oui : l’annexe III vise les systèmes qui analysent et filtrent les candidatures ou évaluent les candidats. Une exception existe pour certaines tâches préparatoires ou procédurales, mais pas lorsque l’outil établit un profil des candidats.
Quand les obligations des systèmes à haut risque s’appliquent-elles ?
Le 2 décembre 2027 pour les domaines de l’annexe III, comme l’emploi, et le 2 août 2028 pour les systèmes intégrés à des produits réglementés, depuis le report adopté par l’omnibus de juillet 2026.
Que doit faire une PME qui utilise un système à haut risque ?
Suivre la notice du fournisseur, confier le contrôle humain à une personne formée, surveiller le fonctionnement, conserver les journaux au moins six mois et informer les personnes concernées.
Faut-il informer le CSE avant d’utiliser un système à haut risque ?
Oui : l’article 26 impose à l’employeur d’informer les représentants du personnel et les salariés concernés avant la mise en service sur le lieu de travail, selon les règles nationales applicables.
Sources
- High-level summary of the AI Act, artificialintelligenceact.eu — consulté le 16 octobre 2026
- Article 6 : Classification Rules for High-Risk AI Systems, artificialintelligenceact.eu — consulté le 16 octobre 2026
- Article 26 : Obligations of Deployers of High-Risk AI Systems, artificialintelligenceact.eu — consulté le 16 octobre 2026
- Législation sur l’IA (cadre réglementaire), Commission européenne — consulté le 16 octobre 2026
- Digital Omnibus on AI (règlement (UE) 2026/1744), artificialintelligenceact.eu — consulté le 16 octobre 2026
- Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 (omnibus numérique sur l’IA), EUR-Lex — consulté le 16 octobre 2026
- Implementation Timeline, artificialintelligenceact.eu — consulté le 16 octobre 2026
Auteur

Clément Marchal a fondé le Cabinet Flourens. Depuis 2017, dont cinq ans à faire tourner des équipes, notamment dans un environnement régulé par l'AMF, il voit la même chose : l'IA entre dans l'entreprise par les salariés, pas par la direction. Personne ne sait qui l'utilise, sur quelles données, ni ce qu'elle rapporte. Avec Ardoise, le Cabinet Flourens met cet usage en ordre en six semaines : la carte des usages, des règles acceptées, deux automatisations ou agents IA sur vos outils et le dossier qui prouve ce que l'entreprise a fait.
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