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ChatGPT gratuit en entreprise : ce que vous risquez

Vos salariés utilisent ChatGPT gratuit avec leur compte personnel ? Ce que disent OpenAI et la CNIL sur les données, les risques concrets et les règles simples à poser.

Écrit par 4 min de lecture

En bref

Avec un compte gratuit ou personnel, vos salariés peuvent voir leurs conversations servir à entraîner les modèles d'OpenAI, sauf s'ils désactivent un réglage. Les formules professionnelles ne s'entraînent pas sur vos données par défaut. Le risque n'est pas l'outil : c'est l'absence de règle d'usage.

Sommaire
  1. L'essentiel
  2. ChatGPT gratuit en entreprise, c'est quoi le problème en une phrase ?
  3. Que contient la version gratuite de ChatGPT ?
  4. Que disent les réglages officiels sur l'entraînement et la conservation ?
  5. Quels sont les risques concrets pour une PME ?
  6. Quelles mesures simples mettre en place ?
  7. ChatGPT Business suffit-il à tout régler ?
  8. Conclusion

L'essentiel

  • Sur les comptes grand public (Free, Plus, Pro), OpenAI indique pouvoir utiliser le contenu pour entraîner ses modèles ; le réglage "Améliorer le modèle pour tous" se désactive.

  • Sur ChatGPT Business, Enterprise, Edu et l'API, OpenAI n'utilise pas les entrées et sorties par défaut.

  • La CNIL déconseille de partager des informations confidentielles, dont des données personnelles, sur un service grand public, et d'ouvrir des comptes avec des adresses personnelles.

  • Les mesures simples : une règle d'usage écrite, une liste de données interdites, un compte professionnel.

  • Nous utilisons ChatGPT régulièrement, notamment pour la rédaction. Cet article s'appuie sur les sources officielles d'OpenAI, de la CNIL et du Code du travail consultées le 23/10/2026.

ChatGPT gratuit en entreprise, c'est quoi le problème en une phrase ?

Un salarié qui colle un contrat, une liste de clients ou un tableau de paie dans son compte gratuit personnel sort ces données du périmètre que l'entreprise contrôle. Le problème n'est pas l'interdit : c'est l'usage sans règle, sur un compte que vous ne gérez pas et que vous ne pouvez pas auditer.

Que contient la version gratuite de ChatGPT ?

Selon la page tarifs d'OpenAI consultée le 23/10/2026, la version gratuite offre un accès limité à GPT-5.5 Instant, des messages et téléversements limités, une génération d'images limitée et plus lente, une recherche approfondie limitée, une mémoire et un contexte limités. Elle inclut la voix, la recherche, les projets et le canevas ; elle exclut GPT-5.5 Thinking, les tâches, et la création ou le partage de GPT. La page indique que la formule Go "peut inclure des publicités".

Pour les formules payantes, voir ChatGPT Plus, Pro, Team ou Entreprise et notre avis sur ChatGPT.

Que disent les réglages officiels sur l'entraînement et la conservation ?

Sur les comptes grand public, le contenu peut servir à l'entraînement par défaut. Le centre d'aide d'OpenAI écrit : "we may use your content to train our models" pour Free, Plus et Pro, et indique que Business, Enterprise, Edu et l'API ne sont pas concernés par défaut (OpenAI, comment vos données servent à améliorer les modèles).

Ce que permettent les réglages :

  • Désactiver "Improve the model for everyone" dans Réglages, Contrôle des données : "les nouvelles conversations ne serviront pas à entraîner nos modèles" (FAQ contrôle des données). Le réglage s'applique au compte, non à l'appareil. Les conversations existantes ne sont pas touchées.

  • Utiliser un chat temporaire : non utilisé pour l'entraînement, supprimé des systèmes d'OpenAI sous 30 jours.

  • Attention : même après refus, envoyer un retour (pouce haut ou bas) peut permettre l'usage de la conversation entière pour l'entraînement.

La politique de confidentialité ajoute que les données personnelles supprimées sont retirées "sous 30 jours", sauf obligation légale, et que, pour l'Espace économique européen, la responsable est OpenAI Ireland Limited (politique de confidentialité).

Quels sont les risques concrets pour une PME ?

Quatre situations reviennent quand les salariés emploient leur compte personnel :

  1. Des données confidentielles ou personnelles saisies dans un outil dont les réglages dépendent de chaque utilisateur. La fiche pratique de France Num pour les TPE et PME le dit : tout ce qui est saisi peut servir de données d'entraînement pour les outils grand public (France Num, fiche 4, document hébergé sur cnil.fr).

  2. Des conversations qui restent attachées à un compte personnel : si le salarié part, l'entreprise ne récupère rien.

  3. Aucune administration : pas de gestion centralisée, pas de politique de conservation fixée par l'employeur. Les formules professionnelles prévoient des durées de conservation définies par les administrateurs (OpenAI, confidentialité entreprise).

  4. Une responsabilité qui reste celle de l'entreprise. France Num rappelle qu'en saisissant des données personnelles, l'entreprise devient responsable de traitement au sens du RGPD.

Sur les comptes personnels, la CNIL est explicite dans ses questions-réponses : un service grand public peut être envisagé pour des usages non confidentiels, en évitant "la création de compte avec des adresses électroniques personnelles", et en ne partageant jamais d'informations confidentielles telles que des données personnelles (CNIL, questions-réponses sur l'IA générative).

Quelles mesures simples mettre en place ?

La CNIL recommande d'encadrer l'usage par une charte ou des politiques internes qui définissent les usages autorisés et interdits, de former les utilisateurs et de contrôler régulièrement. Elle conseille aussi d'associer le délégué à la protection des données.

Version PME en cinq étapes :

  1. Dressez la liste des usages réels (demandez, sans sanction, qui utilise quoi).

  2. Écrivez une règle d'une page : données autorisées, données interdites (clients, paie, contrats, santé), obligation de relire les résultats.

  3. Imposez un compte professionnel plutôt que personnel.

  4. Si l'usage est durable, passez à une formule professionnelle : OpenAI indique que ChatGPT Business n'entraîne pas ses modèles sur les données de l'espace de travail et peut signer un addendum de traitement des données (confidentialité entreprise). Prix : voir formules ChatGPT.

  5. Formez les équipes et revoyez la règle tous les six mois.

ChatGPT Business suffit-il à tout régler ?

Non. Une formule professionnelle supprime l'entraînement par défaut et ajoute l'administration, mais elle ne remplace pas la règle d'usage ni l'avis de votre délégué à la protection des données. Pour Business, OpenAI cite un audit SOC 2 Type 2 et un addendum de traitement des données (DPA). Cette description ne vaut pas conclusion de conformité : à valider avec votre délégué à la protection des données ou un conseil.

Conclusion

L'enjeu en PME n'est pas d'interdire ChatGPT mais de savoir qui l'utilise, avec quels réglages et quelles données. Le Cabinet Flourens vous aide à cartographier les usages réels et à rédiger une règle d'usage applicable.

Réservez votre créneau.

Questions fréquentes

ChatGPT gratuit est-il interdit en entreprise ?

Aucune source consultée ne l'interdit en soi. La CNIL le tolère pour des usages non confidentiels, avec garanties. Votre règle interne décide.

Comment désactiver l'entraînement ?

Réglages, Contrôle des données, désactiver "Améliorer le modèle pour tous". Cela vaut pour les nouvelles conversations.

Un chat temporaire est-il sûr ?

Il n'est pas utilisé pour l'entraînement et est supprimé sous 30 jours, mais il est examiné si besoin pour détecter les abus, selon OpenAI.

Que contient ChatGPT Business de plus ?

Pas d'entraînement par défaut, administration centralisée, DPA possible. Minimum de 2 sièges.

Faut-il informer les salariés ?

Nous décrivons les textes sans trancher. L'article [L. 1222-4 du code du travail](https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1222-4) prévoit qu'aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif dont il n'a pas été informé au préalable. Un comité social et économique (CSE) est mis en place dans les entreprises d'au moins onze salariés, après douze mois consécutifs à ce niveau ([L. 2311-2](https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l2311-2)). Selon le Code du travail numérique, le CSE des entreprises d'au moins cinquante salariés est informé et consulté sur l'introduction de nouvelles technologies ([L. 2312-8](https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l2312-8)) et sur les moyens ou techniques permettant un contrôle de l'activité des salariés ([L. 2312-38](https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l2312-38)). Pour les dispositifs de contrôle de l'activité, la CNIL rappelle une information préalable des personnes et une consultation préalable des représentants du personnel ([page de la CNIL](https://www.cnil.fr/fr/controle-de-lactivite-des-personnes-employees)). Sa [fiche pour les TPE et PME](https://cnil.fr/sites/cnil/files/2025-03/tpe_pme_ficheia_4_les_precautions_0.pdf) recommande de définir par un document les conditions d'usage de l'outil (mode d'emploi, vérification des résultats, précautions de confidentialité) mais ne traite ni de l'information des salariés ni du CSE. Reste à savoir si votre charte d'usage entre dans ces textes : cela dépend de son contenu (une simple règle d'usage ou un dispositif de contrôle). À valider avec un conseil juridique.

Poser la question dans

Sources
  1. OpenAI, données utilisées pour améliorer les modèles :
  2. OpenAI, FAQ contrôle des données :
  3. OpenAI, confidentialité entreprise :
  4. OpenAI, politique de confidentialité :
  5. OpenAI, tarifs :
  6. OpenAI, ChatGPT Business :
  7. CNIL, questions-réponses IA générative :
  8. France Num, fiche 4 (hébergée sur cnil.fr) :
  9. CNIL, le contrôle de l'activité des personnes employées :
  10. Code du travail numérique, L. 1222-4 :
  11. Code du travail numérique, L. 2311-2 :
  12. Code du travail numérique, L. 2312-8 :
  13. Code du travail numérique, L. 2312-38 :

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Auteur

Clément Marchal, fondateur du Cabinet Flourens
Fondateur du Cabinet FlourensClément Marchal

Clément Marchal a fondé le Cabinet Flourens. Depuis 2017, dont cinq ans à faire tourner des équipes, notamment dans un environnement régulé par l'AMF, il voit la même chose : l'IA entre dans l'entreprise par les salariés, pas par la direction. Personne ne sait qui l'utilise, sur quelles données, ni ce qu'elle rapporte. Avec son accompagnement en trois étapes (audit, déploiement, suivi), le Cabinet Flourens met cet usage en ordre : la carte des usages, des règles acceptées, deux automatisations sur vos outils, des équipes formées et le dossier qui prouve ce que l'entreprise a fait.

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